Chapitre A/ Etat des lieux et diagnostic
La réalisation de la phase Etat des Lieux, intégrant à la fois les données recueillies à partir de l'exploitation de la documentation existante et des analyses complémentaires réalisées par CAREX Environnement, fournit un certain nombre d'informations permettant de dégager les premiers éléments d'un diagnostic global et d'une réflexion sur les orientations envisageables en terme d'aménagement.
La présente note a pour but d'établir un premier niveau de synthèse afin :
de clarifier et de hiérarchiser les problématiques rencontrées sur le bassin versant du Tech,
de rendre les résultats de la phase Etat des lieux plus accessibles, le document complet restant, quand à lui, consultable dans le détail au siège du Syndicat.
Le souci de synthèse impose pour cette note une structure sensiblement différente de celle du rapport complet : à un exposé systématique des différents thèmes, nous avons préféré la succession suivante :
une présentation succincte de l'ensemble du bassin versant, fournissant quelques repères indispensables,
une présentation des spécificités, problématiques et perspectives d'aménagement par grand thème.
1/ Présentation générale du bassin versant
Le bassin versant du Tech couvre une superficie de 730 kilomètres carrés et s'étage entre le littoral méditerranéen et un encadrement montagneux continu au Sud, autour de 1000 mètres d'altitude, et atteignant 2 345 m au Nord. Il comprend deux sous ensembles très différenciés :
l'encadrement montagneux, à pentes abruptes aujourd'hui très boisées, et à réseau hydrographique de type torrentiel,
les plaines aval, s'élargissant progressivement entre Céret et la mer, couvertes de terres très cultivées, traversées par un fleuve le Tech relativement assagi et apparemment circonscrit dans son lit mineur recalibré.
Cette disposition conditionne étroitement l'organisation des différents facteurs de l'environnement et de l'aménagement, en particulier en ce qui concerne :
Les conditions climatiques, de type méditerranéen à l'aval, et montagnard à l'amont. L'aspect le plus important de ce climat, outre son agrément, est lié à une nette prédisposition aux averses violentes, parmi les plus intenses jamais enregistrées en France. Ce facteur, cumulé avec la faible perméabilité des constituants géologiques du bassin versant, est à l'origine de crues exceptionnellement fortes et destructives, dont l'Aiguat del 40 resté dans toutes les mémoires.
L'aptitude à la mise en valeur agricole des sols, très bonne dans les plaines aval, qui bénéficie de sols profonds et de la présence d'eau en abondance, mais très médiocre dans la partie montagneuse, aux pentes abruptes et aux sols souvent squelettiques. Ce facteur a été à l'origine d'une évolution démographique importante, voici une soixantaine d'années, avec respectivement dépeuplement et déprise agricole à l'amont (aujourd'hui, moins de 10 habitants au km2 en moyenne, et une surface agricole utile limitée à 17 % du territoire) et développement agricole (14 000 hectares de SAU) et urbain à l'aval.
Dans l'axe de la vallée, le long du Tech, la ressource thermale a permis de fixer une partie de la population initiale, à la Preste et Amélie les Bains ; elle est relayée par l'attractivité touristique d'anciens bourgs à forte valeur patrimoniale (Prats de Mollo - la Preste, Arles sur Tech, Céret).
L'évolution démographique a profondément modifié les équilibres initiaux, en accentuant les contrastes entre l'amont en très grande partie boisé et l'aval très anthropisé, mais moins envahi par l'urbanisation balnéaire que les secteurs littoraux proches, sans doute en partie du fait de l'inondabilité de la plaine.
Les risques naturels :
Toute la vallée est plus ou moins concernée par le risque d'inondation qui conditionne étroitement les implantations et les activités humaines. Ce risque présente toutefois des caractéristiques très différentes entre l'amont et l'aval : circonscrit au linéaire des cours d'eau et leurs plaines alluviales étroites à l'amont, il concerne la plus grande partie des plaines à l'aval.